dimanche 13 mai 2012

The Cabin in the Woods de Drew Goddard

Un voyage à la campagne, une bande de jeunes universitaires américains, un complot pour les tuer, une musique angoissante et quelques autres détails. Voilà de quoi faire hausser les épaules de n'importe qui en ce beau vingt-et-unième siècle. Il faut dire que le film d'horreur a bien du mal à faire dans l'originalité de nos jours, sauf peut-être dans les milieux undergrounds dans lesquels je n'oserai pas mettre les pieds. Oui je l'avoue ce n'est pas vraiment ma tasse de thé. Alors vous vous demandez bien pourquoi je suis allé me torturer avec ce film ? La réponse est bien simple, le co-scénariste du film n'est personne d'autre que Joss Whedon (dont j'ai parlé dans le précédent billet, cet homme est partout c'est magique) et il ramène avec lui sa belle plume et quelques acteurs fétiches.

Le contexte n'est pas compliqué à comprendre. Cinq amis, dont les noms ne sont pas importants et que de toute façon vous oublierez bien vite, décident de passer un weekend dans la nature, dans une maison de famille achetée récemment, quelque part dans les bois. Le genre de petite maison en bois qui ne devrait même pas exister tellement l'atmosphère qui l'entoure est malsaine. Parallèlement nous rencontrons des agents types "col blanc" dans une entreprise dont on ne connaît ni le nom ni le lieu ni son but. Les préparatifs sont en cours, c'est la grande effervescence. On se rend bien compte que les deux groupes ont quelques chose en commun, la maison. Qui en fait s'avère être un genre de gros piège technologique (sous ses airs de taudis rongé par les termites). Parmi ces agents on retiendra trois acteurs, Amy Acker, Bradley Withford et Richard Jenkins, la première étant une inconditionnelle de la sphère Whedon et les deux autres des talents sur petit comme grand écran. Avec une décontraction sans faille et un humour cruel mais auquel le public ne résiste pas (nous sommes tous des sadiques, la théorie est depuis longtemps validée), ils nous font bien vite découvrir les rouages de ce piège qui se referme sur nos jeunes gens innocents et qui doit les mener à une mort certaine.


Sont-ils vraiment innocents ?... Oui, complètement. Et il faut dire qu'ils ne sont pas aidés. Entre une teinture blonde qui empêche le fonctionnement cérébral, des gaz de phéromones et autres gadgets comportementaux, nos étudiants de sociologie et médecine adoptent des attitudes qui ne leur cont pas propres mais tout à fait classiques du point de vue de l'univers du film de genre. Comme c'est étrange. Au casting on est bien servi. Kristen Connolly, Anna Hutchison, Chris Hemsworth (Thor se recycle, il faut bien), Fran Kranz (remarquable dans Dollhouse au passage) et Jesse Williams. Jeunes, dynamiques et prêts à se faire recouvrir de sang en lançant des remarques cinglantes, voilà le visage des nouveaux acteurs américains. Ou presque. Ici en tout cas on est servi. Bon au niveau scénario je m'arrêterai là car c'est bien suffisant et je crains que vous ne compreniez pas si je continuais de raconter la suite. Pas de doute que ces jeunes vont connaître un destin assez particulier.


Si le fond n'est pas original du tout, la forme sauve le film de manière admirable. Le concept de l'entreprise qui joue aux dieux sur le ton de la rigolade est une belle réussite, je ne me suis pas ennuyé une seconde à essayer de comprendre comment leur système marchait et quel était leur but final (car il y en a un, oui). C'est le contraste entre ces deux univers qui rend la chose intrigante, et pas la musique angoissante. Notons tout de même que la fin du film part totalement en cacahuète, il faut être bien accroché pour encaisser le taux de délire à la minute déversé dans le script. Et pas mal de second degré.

Au final on n'en gardera pas un souvenir poignant mais l'aventure est bien divertissante, pour un film qui se tient en tout juste une heure trente. Et avec des effets spéciaux sympathiques, en plus. Non vraiment, si vous avez besoin de vous détendre, c'est un teen horror movie qui s'inscrit dans les classiques du genre. Et avec des dialogues signés Whedon et Goddard, qui ont travaillé sur Buffy, je vois pas ce qui vous retient !

jeudi 3 mai 2012

The Avengers de Joss Whedon

Non vous ne rêvez pas, lecteurs naïfs et innocents, ils l'ont fait! Comme tant d'autres cachés dans vos cavernes avec pour seuls atouts une prise 220V et un réseau wi-fi trois barres vous avez pu vous apercevoir qu'il se tramait quelque chose chez les studios Marvel. Et ce depuis longtemps puisque cette franchise, apparue, reconnaissons-le, il y a très peu de temps (7 ans si j'écoute mes sources) n'avait qu'en tête cette apogée volcanique et aguicheuse de réunir des super-héros sur grand écran. Après deux Iron Man, un Thor, un Captain America, un Hulk et demi et une batterie d'autres héros (citons les X-Men, Spider-Man, les 4 Fantastiques, Blade), ça commençait à faire une sacrée petite famille. Il n'a pas fallu attendre longtemps dans ce processus pour voir se dessiner l'ébauche des Avengers, particulièrement après le premier Iron Man. Et je dois dire que de ce côté, tout le monde a raison. Le public n'attendait que ça, connaisseur ou non. Parce qu'après tout, les super-héros sont indémodables, au vu de tout ce qu'ils représentent.

Mais d'abord un peu d'histoire. Les Avengers ne sont pas trop connus du grand public, bien moins que les X-Men par exemple. Tout simplement parce qu'ils sont l'évolution de bien des trames narratives. On appelle leurs aventure un cross-over, mais ça vous connaissez, hein. C'est comme quand Jack Harkness vient sauver le Docteur d'une mauvaise passe ou bien quand Martin Mystère donne un coup de pouce aux Totally Spies, vous voyez le genre. Comme nos héros déambulent dans le même univers, il semble tout à fait logique qu'ils se rencontrent, et même partagent des aventures !


Ainsi donc, dans notre film, nous avons notre grand méchant, Loki (Tom Hiddleston). Il a passé un pacte bizarre avec un mec bizarre pour avoir plus de pouvoir et attaquer la Terre et ses habitants. Loki, frère de Thor, avait déjà fichu son petit bordel dans le film qui l'avait introduit. Il revient ici avec encore plus d'ambition, de grimaces, de répartie et armé d'un petit bâton aux pouvoirs géniaux.
Sauf que, bien entendu, le SHIELD n'est jamais très loin et est au courant de tout. Il protège ce dont Loki a besoin pour ses méfaits, le fameux cube venant de la planète Asgard pour lequel s'était battu Captain America dans son propre film (si si souvenez-vous, il se bat à la fin contre Red Skull et le cube fini par tomber dans la mer avec le reste). Et bien entendu il s'en empare. Nick Fury (Samuel L. Jackson), qui n'est pas content du tout (on lui a en plus volé un scientifique et un super héros), décide de lancer un plan d'envergure, car la menace est grande contre la petite planète bleue. The Spy, comme on l'appelle dans les ruelles sombres, réunit la fine fleur de l'Amérique. Bénéficiant de la technologie des entreprises Stark et de leur génial inventeur Tony Stark (Robert Downey Jr.), des connaissances du Professeur Banner (Mark Ruffalo), du retour de Steve Rogers (Chris Evans) du coma (longue histoire) ainsi que ses connaissances du cube, tente d'empêcher Loki d'arriver à ses fins, ou au moins de prévoir ses mouvements. Ils sont aidés par d'autres agents du SHIELD, dont Natasha Romanoff, dite la Veuve Noire (Scarlett Johansson) en raison des gadgets qui ornent ses poignets ainsi qu'une souplesse qui m'a fait hausser les sourcils plus d'une fois. Thor (Chris Hemsworth) finira bien par apparaître du néant, petit tour de passe-passe scénaristique. Et on n'oubliera pas le personnage de l'ombre qui change de camp au milieu du film, l'imparable Hawkeye (Jeremy Renner) et ses flèches magiques. Cette petite équipe n'a pas pour vocation de jouer les super-héros, non non non. Nick a été très clair là-dessus, nous avons besoin du Professeur Banner pour ses connaissances et trouver la position du cube, pas pour... "l'autre".


Le film, d'une longueur acceptable de 2h20, nous conte l'histoire de la formation du groupe. Je serai bien en peine de vous dire si la trame des comics est respectée ou même de QUEL comics l'histoire est tirée, mais il en reste que nos héros vont finalement se retrouver confrontés à leur ennemi avec un but commun, la revanche. Je retiens d'ailleurs une jolie phrase de Tony Stark (oui parce qu'il ne dit pas que des conneries) qui résume plutôt bien l'idée du film : "There is no throne. There is no version of this where you come out on top. Maybe your army comes and maybe it's too much for us, but it's all on you. Because if we can't protect the Earth, you can be damn well sure we'll avenge it !" Pas de doute qu'ils vont laisser la ville de New York en sale état après la demi-heure de combats qui terminera le film en apothéose, manquant de peu de me faire exploser les neurones. Et pourtant le film n'était même pas en 3D. On le répète inlassablement, les scénarios de ces films ne sont pas du haut-vol. L'histoire reste simple, on veut juste voir des acteurs connus et belles gueules se passer la réplique, cogner des méchants et porter des combinaisons moulantes. On peut dire que ce film nous sert ces trois requêtes sur un plateau d'argent.

Difficile de ne pas parler du célèbre réalisateur/scénariste Joss Whedon qui pose une pierre de plus à son univers et délivre à ses fans un film à la hauteur de sa réputation. Dialogues truculents (la salle a éclaté de dire bien des fois), personnages torturés, bien des petits détails dans l'attitude ou les répliques qui font de ce film un petit bijou. Ce serait presque dire qu'il était trop court.


Côté effets spéciaux, il y a eu de l'ambition, c'est certain, avec des décors grandioses, des scènes d'action grandeur nature et des explosions dans tous les sens. Une vraie décharge d'adrénaline qu'il faut être prêt à recevoir en pleine figure. La musique est signée Alan Silvestri qui continue son travaille après avoir mis en musique Captain America. Qui d'autre donc pour valoriser nos héros, symboles de la réussite de l'Amé... de l'Humanité ?
Plus que les blagues de Tony Stark ou la rivalité musculaire entre Hulk et Thor, c'est le symbole d'espoir et de protection que nous proposent ces héros. En se liguant d'un même élan contre leur ennemi ils ferment la boucle ouverte lorsqu'on leur a raconté leur premier conte étant enfant (oui même Thor, son père lui racontait les sagas des vikings de l'espace). Car oui finalement ce sont des enseignements tout bêtes, mais il faut bien quelqu'un pour vous les enseigner, bande de geeks.

Je vous souhaite donc une bonne projection si ce n'est pas encore fait, et on se revoit pour la suite des aventures de nos héros. Ou pour Iron-Man 3. Ou pour Thor 2. Qui sait.

vendredi 6 avril 2012

Chroniques des années noires de Kim Stanley Robinson

Voici venu le point final de mon aventure ! Certains me pressaient pour que je l'écrive, rendez-vous compte ! Après m'être lancé en décembre dernier dans la lecture de ce petit pavé de plus de 1000 pages, je ne m'imaginais pas que je serais emporté dans tant d'aventures (au prix d'un échec cuisant quant à ma participation au Winter Time Travel), bien éloignées de mes repères franco-nordiques habituels. Au prix aussi de pages cornées et de couverture abîmée. Mais qu'importe, ce livre a fait son office, il a le droit a un repos bien mérité. Le repos du rêveur, pourrait-on dire, car on ne ressort pas indemne de sa lecture (je suis prêt à parier que les péripéties martiennes de notre auteur sont tout aussi édifiantes). Petite incursion dans un monde que nous ne connaissons pas, où les codes sont différents du tout au tout. La Terre comme vous ne l'avez jamais vue.

Louange à Dieu, Seigneur des univers !
Le Très miséricordieux, le Miséricordieux !
Le roi du Jour du Jugement !
C'est Toi que nous adorons, c'est Toi dont nous implorons le secours.
Guide-nous sur la voie de la rectitude,
La voie de ceux que Tu as comblés de tes bienfaits,
Non pas celle de ceux qui osent Te défier, ni celle de ceux qui se sont égarés !

La Peste Noire, épidémie fulgurante qui a marqué le monde par sa violence, a ravagé l'Europe. Complètement. Pas une âme ne vit sur ces terres occidentales désolées lorsque Bold, guerrier mongol en déroute, s'y rend. Il a fuit la Horde d'Or, il a fuit son Khan déchu après qu'un éclair ait frappé sa tente. Il arrive du côté de la Hongrie, descend vers la Grèce. Il y a bien des villages, des traces d'habitations, mais pas un chat n'y respire, comme des décors qui prennent la poussière, abandonnés. Il se fera capturer par des marchands d'esclaves Arabes, vendre aux Chinois sur un comptoir marchand de la côte ouest de l'Afrique, et le voilà parti pour l'Asie.
Nous sommes en 783 après l'Hégire, c'est à dire au début du 13e siècle de notre calendrier chrétien (environ 1405). Mais à quoi bon compter les jours à la manière d'un peuple qui n'existe plus ? Les chrétiens ont tous ou presque disparus. Ils sont une minorité à présent, dont la plus grande communauté sur trouve sur les Orcades (si si vous savez ces petites îles au nord de l'Ecosse, reconnues pour leurs poneys fringants). Cependant à l'époque où notre histoire commence, les peuples qui ont survécu à la Peste (ou même qui ne l'ont pas connue) ne sont pas encore au courant de ce qui les attend.
Bold est déjà âgé quand nous le rencontrons, il a vécu un partie de sa vie en tant que guerrier de Tamerlan, et aborde le monde et ses nouveautés avec calme et pragmatisme. Dans le bateau chinois, un de ces navires gigantesque de la flotte des trésors, il rencontrera Kyu un jeune esclave noir. Ils se lieront d'amitié et Bold sera pour lui un balancier, un soutien inébranlable dans les peines. Et ces peines commenceront dès le début. Car le garçon est vif et entreprenant, il n'a peur de rien, est contre l'autorité, ce qui lui vaudra d'emblée un châtiment corporel dont les Chinois ont le secret.

Je ne vais quand même pas tout vous raconter, mais sachez que ce premier livre, car il y en a dix, nous présente une bonne partie des peuples qui vont jouer un grand rôle dans l'histoire du monde, une sorte de mise en bouche, une esquisse du paysage. De plus, les caractères des deux personnages sont emblématiques, à la fois comme modèles, l'un posé, calculateur, la tête pensante, l'autre énergique, volatile, le bras armé du groupe. Deux modèles que l'on retrouvera au fil des pages. Car raconter 1400 ans d'histoire sans fil conducteur reviendrait à nous délivrer un livre d'histoire, et là je ne pense pas que je m'y serais plongé. Or l'auteur décide de jouer la carte de la religion, à travers une croyance qui a bien plus de valeur en Orient qu'en Occident. C'est là le seul trait commun qu'on retrouve à la fois dans l'Islam, le Bouddhisme et l'Hindouisme : la réincarnation. Les dieux ont décidé que les hommes, une fois dans le bardo, retourneront sur terre continuer leur oeuvre, et ce autant de fois que nécessaire. Notre couple n'est pas seul, il y a tout un groupe qui voyage ensemble, avec des caractères bien différents, certains même n'apparaissant qu'un instant ; ils forment une jati qui ne se sépare jamais, en tout cas dans le bardo. Au fur et à mesure que le roman avance on apprend à déchiffrer les codes, à reconnaître les caractères. Finalement c'est très amusant, comme une énigme qui recommence après chaque histoire. Ils seront tour à tour riches, pauvres, médecins, architectes, guerriers, penseurs, chinois, persans, haudenosaunees, franjs, andalous, indiens... la galerie de personnages est énorme et mérite que vous la découvriez vous même.

L'histoire en tant qu'histoire digne d'être racontée ne commencera que quand le nombre de vies pleinement vécues surpassera le nombre des vies gâchées. Il est à craindre que bien des générations ne passent avant que l'histoire ne commence. Toutes les inégalités devront prendre fin ; toutes les richesses excédentaires devront être distribuées équitablement. En attendant, nous ne sommes que des espèces de singes balbutiants, et l'humanité telle que nous aimons généralement l'envisager, n'existe pas encore. Pour dire les choses en termes religieux, nous sommes encore dans le bardo, attendant de naître.

Les centres de pouvoir, comme on a pu l'étudier avec l'histoire de notre monde, passent de pôle en pôle, ici les dynasties de Beijing en Chine, là le Kerala de Travancore en Inde, ou encore la Horde d'Or mongoles qui continue sa conquête de l'Ouest européen. Le point névralgique de l'histoire du monde se trouve maintenant au moyen-orient, voir même en Asie, et il n'est pas interdit de reconnaître que, malgré des différences culturelles flagrantes, les problèmes restent les mêmes et les courants d'idées évoluent plus ou moins dans le même sens. N'oublions pas que les philosophies confucianistes, bouddhistes ou coraniques (pour n'en citer que trois) sont bien différentes de ce qui a pu se développer au siècle des Lumières européen. Les philosophes grecs auront d'ailleurs la vie un peu plus longue, même si les conclusions seront finalement les mêmes quand à la validité de leurs théories.

Ce jeu de rôles est aussi le détail le plus corsé du livre. Il faut en effet réapprendre à chaque fois à appréhender l'histoire. Le lieu, les personnage et même le style d'écriture change à chaque nouvelle partie. En progressant dans l'histoire, on progresse dans l'Histoire ; les choses se modernisent, les pensées ne s'expriment plus de la même manière. Si Bold s'exprime très souvent en poèmes inspirés de ce qui l'entoure, les philosophes chinois nous délivrent quelques extraits de leurs écrits, tandis que les musulmans de Nsara (située plus ou moins au niveau de Nantes), en tout cas les plus vindicatifs, font sonner la révolte à coup de discours flamboyants. Bref, c'est d'une grande richesse, je ne peux pas écrire autre chose. L'envie de citer tout le livre est grande tellement les traits d'esprit et les réflexions philosophiques ou spirituelles sont bien trouvées. Comme si ce roman était écrit par un maître à penser. Il y aurait là matière à débattre.

On l'aura bien compris, même si j'ai mis quatre mois à lire ce petit monument de l'uchronie, ce n'était pas par déplaisir. J'ai pris mon temps pour en apprécier toutes les saveurs, je tournais les pages avec tristesse dès qu'un livre se finissait, je goûtait à tout, m'étonnais de tout. Ayant une culture européo-européenne, il est très difficile de porter un jugement sur des cultures qu'on ne connaît pas, mais en tout cas je n'en suis pas ressorti sans l'envie d'en savoir plus. J'irai me balader dans les ruelles de Samarkand un jour, promis, et voir le siècle des Lumières en Asie.

Et après tant de belles paroles, je ne peux m'empêcher de laisser à l'auteur le mot de la fin, et vous recommande plus que chaudement de vous plonger dans l'aventure.

"Et si cela s'était passé, et si ce n'était pas arrivé, et si la Horde d'Or avait enfoncé le corridor de Gansu dès le début de la Longue Guerre, et si les Japonais avaient attaqué la Chine juste après avoir repris le Japon, et si les Ming avaient gardé la Flotte des trésors, et si nous avions découvert et conquis le Yingzhou, et si Alexandre le Grand n'était pas mort si jeune, et si, et si... Les choses auraient été tellement différentes, et pourtant, tout cela reste vain. Et ces historiens, qui parlent de se servir de l'histoire parallèle pour étayer leurs théories, sont ridicules. Parce que personne ne sait pourquoi les choses arrivent, vous comprenez ? Tout peut découler de tout. Même l'histoire, la vraie, ne nous apprend rien. Parce que nous ne savons pas si l'histoire est sensible au point que, faute d'un clou, une civilisation se serrait effondrée, ou si, au contraire, nos actes les plus lourds de signification ne sont pas que des pétales dans un raz de marée, ou les deux à la fois, ou si la vérité n'est pas quelque part entre les deux. Nous ne savons pas, c'est tout ce que l'on peut dire. Et les "et si" ne nous aideront pas à y voir plus clair.
- Pourquoi les gens les apprécient-ils autant ?
- Parce qu'ils aiment les histoires."

mercredi 4 avril 2012

Petit précis du petit écran scandinave

Amateurs de séries tv scandinaves, vous êtes nombreux et nous le savons (ou en tout cas nous l'espérons) ! La Scandinavie n’est pas sourde à vos appels et diffuse depuis quelques temps déjà ses programmes, avec plus ou moins de succès à l’international. Nous voici en avril et il est temps de faire une petite mise au point sur ce qui marche et même sur ce que vous pouvez voir sur vos écrans de télé (sages comme nous sommes, nous ne parlerons pas des corsaires suédois qui vous permettent, non sans risques, de profiter de tout le panel nordique). Et ce grâce à la chaîne Arte qui s’intéresse particulièrement aux programmes scandinaves ; et avec laquelle vous avez peut-être frissonné avec Birgitte dans Borgen ou bien réfléchi (silencieusement) avec Erik Winter dans Kommissarie Winter. Eh oui, ces fameux « jeudis nordiques » commencent à se faire un nom dans le cercle fermé des téléphages.


Mais commençons par le commencement : le Danemark. Toujours en avance sur les autres (une tradition qui perdure), le petit pays aux nombreuses îles a su proposer des programmes intéressants et vendeurs. Comment ne pas commencer la liste avec Forbrydelsen et son adaptation américaine non moins saluée The Killing. Ambiance lugubre, temps pourri, meurtre mystérieux et enquête longue et fastidieuse. Voilà la recette qui marche. Il fallait oser créer cette atmosphère plutôt déprimante et oser aussi creuser la psychologie des personnages à ce point. Pari gagné puisqu’une troisième saison est prévue au Danemark alors que la seconde est encours de diffusion aux Etats-Unis (AMC). En France Arte s’en est chargée en 2011, cela continuera peut-être.

Autre incontournable danois, bien qu’un peu vieillissant, Riget, créé en 1994 par l’incontournable Lars Von Trier, raconte l’histoire d’un hôpital hanté et de son personnel qui n’y croit pas vraiment. Une première dans le monde médical, si on peut dire. Ici encore, adaptation à la sauce américaine par le non moins incontournable Stephen King (que de grands noms).The Kingdom fait un carton, à tel point qu’on oublie un peu que c’est adapté d’une série danoise.


Mais venons-en à l’actualité. On a tous entendu parler de Borgen et son premier ministre flamboyant. Pour les dormeurs Borgen est une série politique mettant en scène Sidse Babett Knudsen dans le rôle de Birgitte Nyborg, première femme premier ministre à la tête du gouvernement danois, issue du parti du Centre. En plus de jouer son rôle politique elle devra jongler avec les remarques machistes de ses collègues/concurrents, sa vie de famille pas toujours simples (surtout quand on est là 5h par jour et qu’on arrive généralement après que les enfants soient couchés), une surexposition médiatique (a.k.a. des journalistes qui creusent dans tous les coins même les plus sombres). La saison 1 a été diffusée au cours du mois de février/mars sur Arte cette année, mais en est déjà à sa troisième saison au Danemark. Succès foudroyant ici aussi (et possible adaptation aux USA encore), la série a réussi à rassembler près de 40% de la population danoise devant son écran (et 2.4% en France, ce qui est assez honorable pour Arte). Il faut dire qu’étant inspirée de l’actualité, la vraie, au Danemark, la sauce a pris relativement facilement. Pour ma part, et probablement celle de tous les autres habitants européens ayant vu les épisodes, c’était là une manière de découvrir comment la politique se fait dans ce petit pays dont on ne sait finalement que peu de choses. Oui certes ce n’est QUE le Danemark, mais après tout, nos hommes politiques s’inspirent actuellement des modèles scandinaves pour faire des réformes dans nos pays, non ? [Côté technique le coffret de la saison 1 est déjà dans nos rayons, à se procurer d’urgence ! La saison 2 quant à elle sera diffusée probablement en fin d’année. Et si vous voulez plus de détails, allez donc lire ce bel article (lien)].


Citons aussi la très saluée Bron/Broen (The Bridge pour la probable version anglaise de la BBC). Ne vous frottez donc pas les yeux, oui, c’est une coproduction dano-suédoise (ils ne font pas que se mettre sur la figure). Le concept est fort simple : une femme est retrouvée morte en plein milieu du pont de l’Öresund, forçant les équipes de police de Lund et Copenhague à coopérer sur l’enquête. Les ramifications les amèneront bien loin mais c’est là un parti-pris très orignal qu’on prit les deux chaînes de télévision scandinaves (SVT et DR1 pour ne pas les citer). Des enquêtes, des langues qui s’entremêlent et des caractères bien différents, voilà de quoi rassasier les amateurs d’exotisme.


Et quoi de mieux que ce pont pour passer à la fiction suédoise, qui elle aussi aiguise ses lames depuis quelques temps. Quelques incontournables du moment à ne pas rater. Tout d’abord, pour continuer dans l’exotisme, 30 grader i Februari (avec Maria Lundqvist) qui nous parle de suédois en Thaïlande. Sujet tendu pour les connaisseurs, mais à la surprise générale cette série fait montre d’une poésie étonnante, mettant en scène plusieurs groupes de personnages partis en Asie pour différentes raisons (nouvelle vie, amour, tourisme) et qui vont voir leur vie changer du tout au tout. Ils ne se rencontrent pas forcément, mais trouvent chacun le bonheur dans quelque chose ou quelqu’un. Pour le coup ce n’est pas du tout scandinave mis à part la langue, mais je ne peux que recommander.


On le voit assez clairement avec le rayon polar, mais c’est aussi valable sur le petit écran, les séries policières ont le vent en poupe (et je ne parle même pas de la production anglophone qui nous inonde du genre, allant parfois jusqu’à l’extrême). Après l’adaptation des aventures de l’inspecteur Wallander par Kenneth Brannagh pour la BBC, qui jouait fort bien mais fort lentement, SVT relance la production d’une autre de ses adaptations, les enquêtes du Commissaire Winter, d'après les romans d'Åke Edwardson. Erik Winter est un de ces policiers qui parle peu, qui se met dans des situations pas possibles et qui résout ses affaires au feeling (ce qu’on nous apprend pourtant à ne JAMAIS faire). Cette troisième saison met en scène Magnus Krepper (que vous retrouverez dans Bron/Broen) dans le rôle d’Erik Winter, avec un montage assez spécial. On peut dire que cette série est complètement scandinave, à tel point les caractéristiques de la fiction nordique sont présentes. Des scènes silencieuses (il faut attendre un quart d’heure dans le premier épisode avant de voir la première ligne de texte), des dialogues minimalistes, des coups d’œil révélateurs et beaucoup de non-dits. Je tourne en rond mais l’essentiel de l’intrigue tient à ça, emmenée par une ambiance très spéciale, entre mélancolie et calme serein. Le crime scandinave a beau être sanglant et particulièrement cruel, on trouve une certaine poésie dans le déroulement de l’intrigue qui n’est pas pour déplaire [en cours de diffusion sur Arte actuellement, comme dit plus haut, le jeudi à 20h45].


Et puis la série événement, qui me fait (un peu) écrire cet article, c’est Äkta människor. Une audience pas toujours au beau fixe en Suède, mais la promesse d’une diffusion en 2013 par… Arte (qui d’autre). Pas d’idée très originale cependant : dans une Suède parallèle, la robotique a fait un bond en avant, permettant la construction de robots à apparence humaine et capable de bien des tâches. Certains les adoptent, d’autres les détestent, certains en tombent amoureux, d’autres les respectent comme des êtres humains à part entière. La force de cette série réside dans le jeu avec les codes moraux, des limites dépassées à bien des reprises, des questionnements éthiques souvent difficiles. Toute une batterie de personnages et de situation qui m’ont fait très bonne impression jusque-là. Rajoutons un traitement de l’image et des couleurs original et vous avez de quoi glousser de plaisir pendant des heures. Les hubots sauront conquérir votre cœur je le sais [vous trouverez ici (lien) un article plutôt passionné ].


La Norvège, enfin, n’est pas en reste, et propose aussi ses productions, même si peut-être un peu timidement. Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de goûter à la fiction norvégienne, mais je peux vous citer quelques succès du moment. En premier lieu Lilyhammer, qui commence à se faire un nom par chez nous, coproduite avec le réseau Netflix, et qui raconte la nouvelle vie de Frank « The Fixer » Tagliano, ancien membre de la mafia italienne de New York et placé en protection des témoins dans la petite commune de Lillehammer en Norvège. De quoi dépayser tout mafieux qui se respecte. La série ne manque pas d’humour, rien qu’avec le choc culturel. Franc succès ici aussi, vous pourrez retrouver la série en 2013 sur… non je ne vous le dit plus, vous avez deviné [pour plus de détails je vous renvoie sur cet article (lien), ils se débrouillent mieux que moi].

En second lieu je vous propose Buzz Aldrin, hvor ble det av deg i alt mylderet ? qui raconte le parcours de Mattias, né le jour de l’atterrissage de la navette Apollo sur le Lune. Il est fasciné par Buzz Aldrin, le deuxième homme à avoir marché sur la Lune. Il part du principe qu’attirer l’attention sur soi n’est pas le but premier, du moment qu’on fait bien son boulot et que, à l’image de l’astronaute, on réussit sa vie. Il part donc pour les îles Féroé, un peu par hasard et y rencontrera des gens qui lui ressemblent, en quelque sorte. Une petite série en quatre épisodes qui saura vous intéresser je suis sûr ; on ne voit pas si souvent les îles Féroé à l’écran pour pouvoir rater ça !


Et en vrac (parce que cet article est loin d’être exhaustif) : Taxi, un thriller norvégien à base de mensonges, de taxis, de courses poursuites et de magouilles ; Lulu og Leon, une série danoise de TV3 qui nous présente une mère de famille entraînée dans une affaire de crime organisé ; Fjällbackamorden, série suédoise écrite par Camilla Läckberg, du policier donc ; Lykke, série danoise remplie de pilules du bonheur et de gens dépressifs ; Den Som Dræber, autre série policière danoise qui se penche sur les crimes en série ; Koselig Med Peis, série familiale norvégienne où un homme, Georg, décide de retourner dans sa ville natale où les choses ne sont plus exactement comme avant ; Lækervej, série familiale danoise à la Desperate Housewives avec une rue, ses habitants et leurs secrets ; Heimsendir, petite série islandaise (quand même) qui nous propose une révolution dans un asile psychiatrique ; ou bien une autre série islandaise, Pressa, qui vous fera découvrir le monde de la presse sous le couvert d’une enquête criminelle [et si vous voulez encore voir des paysages islandais je vous recommande la saison 2 de Game of Thrones, mais je m’égare].


Et puis enfin côté actu française, parce qu’il se passe des choses chez nous aussi ! Non, je ne parlerai plus d’Arte, promis. Nous les parisiens, chanceux que nous sommes, avons dans le forum des Halles le forum des Images, haut lieu cinématographique contemporain, aussi important ou presque que la cinémathèque française si ce n’est pour la fréquence de ses projections et la richesse des programmes et autres festivals. Or donc, pour la troisième année consécutive se tiendra lors de la première semaine des vacances le festival Séries Mania qui, lui aussi, commence à se faire un nom parmi les amateurs de la chose télévisée. Hasard du calendrier ou prédisposition scandinave (je dirai même invasion!), il se trouve qu’un petit nombre de ces séries vont vous être proposées. En général les épisodes 1 et 2 de chaque saison, mais c’est un bon moyen de voir si ça peut vous intéresser ou non (et en plus c’est sur grand écran, en VO avec sous-titres, le bonheur).

Au programme nordique vous aurez donc Lilyhammer le 19 avril à 16h, Bron/Broen le 21 à 21h, et en exclu à ne pas manquer les deux premiers épisodes de la saison 2 de Borgen le 22 à 14h15. En bonus le 16 avril à 16h se tiendra une table ronde sur la question « une série peut-elle être politique ? » qui brassera pas mal de thèmes, d’interrogation, et mettra en parallèle plusieurs séries, dont Borgen ou Les Hommes de l’ombre (que je vous recommande aussi, une production française, c’est rare). Il y aura aussi bien d’autres projections et conférences, aussi je vous invite à visiter le site ici (lien) ou d’explorer le programme là (lien) et de filer chercher vos billets (car c’est peut-être gratuits mais les places sont limitées !)

Et si vous êtes intéressés par l’achat de DVDs, sachez que rien n’est impossible ! Le site NordicDVD propose une large gamme de produits scandinaves, qui sont le plus souvent fournis avec les sous-titres de la langue originale ainsi que l’anglais. Pour rappel la saison 1 de Borgen est disponible sur nos rayons, ainsi que Riget (sous son titre français L’hôpital et ses fantômes) et Forbrydelsen/The Killing (saisons 1 et 2).

Si avec ça je ne vous ai pas donné envie de plonger dans la fiction télévisée scandinave...

[article écrit en partenariat avec Nordika, l'association des étudiants nordiques de Paris IV-Sorbonne ; si l'actu scandinavo-parisienne vous intéresse, c'est une adresse à ajouter à votre répertoire]

jeudi 29 mars 2012

The Hunger Games de Gary Ross

Quoi comment ça « encore » ? Figurez-vous qu’après quatre longs mois cloîtré dans ma chambre à lire un roman fleuve qui reprend 1400 ans d’histoire (dont je parlerai très bientôt promis) il fallait bien que j’aille me détendre. C’est donc par un chaud après-midi de mars que je me suis enfermé (encore) dans une salle obscure, pour regarder les aventures d’adolescents malchanceux mais outrageusement beaux et forts se débrouiller dans une arène, le tout dans un monde où les adultes sont manipulateurs et sadiques. Un grand classique dont on ne se lasse pas. Les connaisseurs auront très vite fait le rapprochement avec Battle Royal (mes oreilles entendent tout) et, s’il est vrai que les grandes lignes se ressemblent, notre film ici s’en détache par bien des aspects, que je vais essayer de donner ici (à noter le fait que je n’ai pas vu le film de Kinji Fukasaku mais ce n’est qu’un détail).

Adapté du maintenant très célèbre roman de Suzanne Collins (que je tâcherai de lire dans les mois à venir), The Hunger Games premier du nom nous conte les aventures de Katniss Everdeen (Jenifer Lawrence), jeune fille dans la fleur de l’âge, avec âme de survivor, instinct de chasse et arc en bois intégré. On ne saurait dire que la vie lui sourit cependant. Car dans cette Amérique dystopique rebaptisée « Panem », tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Le pays est divisé en districts, chacun apportant sa part à l’économie du pays. Si les premiers sont les plus riches, les derniers, en charge des matières premières, le sont beaucoup moins. Pas de surprise, notre chère Katniss vit dans le district 12, le plus pauvre d’entre tous, la patrie des mineurs. C’est donc dans une reproduction des années 30 que le spectateur est plongé au début du film. Rien de bien folichon pour un film de SF, mais c’était sans compter le gros vaisseau volant qui allait bientôt tomber sur la ville du coin.


Car pour ceux qui ne le savent pas encore, le titre de cette trilogie n’est pas là pour rien ! Chaque année un garçon et une fille de chaque district, entre 12 et 18 ans, sont envoyés au Capitole en tant que tributs pour participer aux célèbres « Jeux de la Faim » où ils devront se battre à mort (= se sacrifier de la plus belle manière) en l’honneur de l’unité du pays et d'une guerre civile depuis longtemps perdue. Discours de propagande, vieux habits à fleurs et bâtiments gris, c’est dans cette reproduction d’un camp de concentration que Katniss décide de se lancer dans l’aventure. Car oui, tu as le droit de t’étonner lecteur, Katniss se porte volontaire à un massacre d’enfants. Normal. Tout ça pour protéger sa sœur qui avait été tirée au sort. Pas cool.

Avec son homologue masculin, répondant au doux nom de Peeta (Josh Hutcherson), ils s’envolent pour la capitale avec une coach surmaquillée (l'énergique Elizabeth Banks) et hautement exubérante et un mentor alcoolique qui ne croit pas en eux (le très expressif Woody Harrelson), le tout dans une luxure qui les dépasse, eux et leur estomac affamé. La belle équipe, aidée d’une batterie de coiffeurs et stylistes professionnels (dont un Lenny Kravitz aux paupières dorées et aux paroles réconfortantes), bien déterminés à les rendre les plus beaux possible. Tout ça pour avoir des sponsors qui les aideront, peut-être, dans l’arène. La suite on la connaît déjà. Entraînement, confrontations entre les enfants, création de groupes et finalement joute. C’est là que mon regard critique a décidé de s’acérer, car là commençait le challenge avec le spectateur. Il ne fallait pas tomber dans le cliché complet, mais pas non plus se transformer en film Disney. Pari tenu, je ne saurai dire. Il y a du sang, de la violence, de la cruauté, mais je suis quand même un peu resté sur ma faim (ce nouveau jeu de mot fait fureur). Le côté moral est légèrement effleuré mais on ne peut décemment pas prendre complètement les adultes en grippe ni se dire que les enfants sont de pauvres victimes. Peut-être parce que les choses vont vite et que nombre d’entre eux se prête au jeu avec une facilité sans nom.


Je ne vous raconte pas la fin, même si elle est facilement devinable. Si on devait faire un comparatif avec les derniers blockbusters adolescents du moment, je dois avouer que The Hunger Games mérite largement son succès. La prochaine étape sera pour moi de tester les livres, mais le film, aussi long soit-il, ne m’a pas laissé de repos, jonglant plutôt bien entre les scènes d’action et la découverte d’un monde étonnant. Et assez coloré il faut le dire. Les décors sont loin d'être déprimants, plein de cette gloire impériale si chère aux systèmes autoritaires. Côté costumes, c'est le grand festival. Si les districts périphériques et les enfants s'habillent sobrement, les gens de la capitales sont tous plus exubérants les uns que les autres.

Et puis, crions-le haut et fort : ce film n’est PAS en 3D. J’ai bondi lorsque j’ai vu cette info hautement bizarre. Après visionnage, on comprend bien pourquoi. Ceci sera l’un des plus mauvais point de ce film : la caméra est perpétuellement en mouvement. Ce qui fait qu’avec une course poursuite dans le feuillage c’est tout vert, que près de rochers c’est tout gris. Bref, ça m’a fait plus mal à la tête que du relief et si on ajoute à ça la volonté du réalisateur de faire des gros plans tout le temps, je dois avouer ne pas avoir compris certaines scènes puisque je ne voyais pas ce qui se passait. De quoi être assez frustré parfois. Mais pas d’inquiétudes, vous aurez droit à vos grand panoramiques aussi, à des effets spéciaux dignes de Lionsgate et à une musique sympathique sans être trop agressive (signée James Newton Howard).

En bref, pour ce qui est de l’avis personnel, vous avez toutes mes recommandations. On passe un bon moment, les acteurs sont pas moches, le jeu d’acteur est passable mais tient la route, particulièrement Jenifer Lawrence qui nous donne un bon aspect de l’héroïne asociale et coincée. La baroudeuse de service un peu en mode scout qui n'a jamais porté de robe de bal et ne sait pas sourire en publique.
Et on se retrouve dans quelques mois après la lecture du premier tome, peut-être que mon avis aura changé sur le long-métrage!