lundi 28 novembre 2011

Contagion de Steven Soderbergh

Gwyneth Paltrow, Matt Damon, Laurence Fishburne, Kate Winslet, Elliot Gould, Jennifer Ehle, Jude Law, Marion Cotillard... Voilà bien la célèbre signature de Steven Soderbergh. Des films au scénario pas si bien développé, mais "who cares ?" il y a plein de célébrités dedans ! Et celles-ci vont se démener au maximum pour tenter de trouver la réponse à une question essentielle : y'a-t-il un remède à toute maladie ? La réponse pratique est évidemment non, il suffit de regarder autour de nous. On a même pas trouvé le vaccin contre le rhume. À défaut donc d'avoir une histoire haletante et des sujets moraux, on se contente de la vitrine marketing des acteurs, de leurs quelques lignes pleines de mots compliqués et parfois ça suffit bien, il faut le reconnaître. Noël arrive, il est temps de ne penser à plus rien de philosophique, de regarder des films sans matière grise (mais un peu quand même) et de profiter !

Résumons un peu la chose. Tout le monde sait comment une maladie se répand, ce n'est pas le premier film à traiter le sujet épidémique. Une femme d'origine américaine rentre chez elle après un voyage d'affaire à Hong-Kong. Le spectateur la rencontre avec le nez qui coule et la gorge irritée. Deux jours après être rentrée elle meurt d'une encéphalite sous les yeux atterrés de son mari. Le jeune fils de quelques années y passe aussi, laissant le père et la fille issue d'un précédent mariage tous seuls dans leur maison, apparemment immunisés. Pendant ce temps en Asie, c'est la fête. En Chine et au Japon on compte de plus en plus de cas. Et voilà comment ça se répand. Il faut ajouter que la coquine était passée voir son amant à Chicago lors d'une escale, de quoi créer dès le début deux foyers d'infection sur le sol américain. L'Europe, tout le monde s'en fout, c'est bien connu, elle n'apparaît que sur les cartes de propagation du virus (la France est quand même citée deux fois, supposée produire des médicaments en masse et les gardant pour soi... tiens ça me rappelle quelque chose). Très vite le CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) s'empare du cas, cherchant à trouver comment le virus est apparut et essayant de le mettre en culture pour préparer des recherches sur un vaccin. De son côté l'OMS en Suisse fait de la démographie et envoie un agent chercher le patient zéro et l'origine de l'infection.


Tout cela aboutit à des merveilles de science, à quelques manipulations administratives des chefs, et tout se finit bien. En tout cas c'est ce qu'on suppose à l'apparition des crédits mais rien n'est moins sûr. Evidemment, comme tout film médicalo-catastrophique, l'intérêt est dans l'humain de la chose, surtout quand elle est traitée à grande échelle. Malheureusement les personnages sont très fermés sur eux-même, on ne lit rien sur leurs visages, même pas ceux qui sont sur le point de mourir. C'est une maladie qui va tellement vite qu'on n'a pas le temps de se dire au revoir. Et ceux qui restent ont le visage marqué de leur préoccupation.
Ces pauvres pantins, trimbalées et empaquetées dans leurs combinaisons isolantes, n'ont plus d'autre choix que de se faire remarquer par leurs actions. Si le chef du CDC ne brille pas par son intelligence en privilégiant sa femme et ses proches au détriment du secret médical, on peut saluer les efforts d'un père pour protéger sa fille à tout prix, ceux d'une agent du CDC qui fait tout pour accueillir les malades dans les meilleurs conditions, et surtout ceux d'un jeune homme, bloggeur à plein temps, qui propose très vite une solution au virus qui semble fonctionner. Mais outre une rentrée d'argent faramineuse dont il bénéficie, il représente à lui tout seul le scepticisme prudent de la population face aux décisions d'un gouvernement. Il ne croit pas en l'efficacité d'un vaccin, il prône la prudence quotidienne et surtout il accuse les dirigeants des institutions de faire à leur guise, tout ça pour se remplir les poches.

Le film fait bien sûr écho à la panique du H1N1 qui a parcourut le globe en 2009/10. Peut être même plus que la panique, on assiste ici à une extrapolation des événements qui se seraient produits si l'épidémie avait continué de se répandre. Et dont la vitesse est assez faramineuse. Un sentiment de fatalité qui s'instaure dès le début avec beaucoup de plans rapprochés sur les mains, les surfaces, les mains qui se serrent, les verres qu'on boit, les plats qu'on se passe. Il y a toute une mise en scène qui nous fait très bien imaginer la présence d'un virus. De quoi ressortir complètement parano à la fin de la séance.


Et c'est grâce à ce jeune journaliste/blogger que le film se fixe comme un point dans le temps. Très proche des faits de l'actualité réelle, le film gagne dans ce sens plus de vraisemblance. Grève d'infirmières, crise sociale, un vrai bouchon administratif se crée et la population se retrouve livrée à elle même, alors que les ministres de la santé continue de déclamer leur texte à la télé. Un scénario bien teinté de 'système D', à peine entaché par la découverte du vaccin dont on ne connaîtra ni l'efficacité prouvée ni les éventuels effets secondaires.

Au final, j'ai quand même passé un bon moment, le film se laisse porter, ressemblant parfois plus à un documentaire qu'à un vrai film, car les situation s'enchaînent et les personnages aussi. En effet ce sont des cas isolés, ils agissent à leur niveau, mais n'ont aucun lien entre eux, ce qui n'aide pas la cohérence du scénario (problème résolu avec une voix-off de journaliste qui vient à point nommé).
Ce n'est donc pas un film comme les autres que j'ai vu. Il a le mérite d'être un peu original, mais ne sortira pas du lot dans le box-office.

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