(la voie des trois vérités)Après tant de livres de fantasy, il était temps que je me replonge dans la SF. Ce n'est qu'une affaire de balance mais ça me tient à coeur. Petit bouquin arrivé dans la boîte dans son emballage plastique noir, il n'a pas l'air comme ça mais du haut de ses 115 pages il en jette grave. Déjà la couverture m'a beaucoup plus, subtil compromis entre vision de l'univers et mysticisme assumé. Les lignes ne sont bien sûr pas dessinées au hasard mais ça je ne dirai pas pourquoi. Un chose est sûre, nous ne sommes plus seuls dans l'univers. Quelque part dans le futur, ils vont cesser de nous tourner autour, se mettre en orbite au dessus de nos têtes, et venir nous rendre visite afin que nous puissions nous aussi poser notre bagage de vie et d'expérience dans la grande communauté intergalactique. Ils répondent à de nombreux noms, Tatou, Nagaï, Delphy, Arachnoïde, mais les humains les ont tous appelés Zitis, parce qu'il y en a bien trop et que le gouvernement veut éviter un choc culturel trop important.
Le livre se compose d'une novella et de deux nouvelles, toutes trois situées dans le même univers. On suit les pérégrinations de trois humains qui partent à la découverte de ce monde nouveau, passant outre les restrictions des gouvernements (qui par ailleurs sont en pleine chute). Le premier texte s'appelle Lanatkka-Nagui et c'est le nom de la Nagaï que le premier héros va rencontrer. Il serait bien difficile d'en faire un résumé, mais disons simplement que ces deux êtres, qui en apparence n'ont rien en commun, vont devoir collaborer pour aménager la zone réservée aux humains dans la station spatiale en orbite autour de Mars et qui est destinée à accueillir toutes les races de l'univers. Notre jeune homme âgé de 24 ans, thésard, voit sa vie complètement bouleversée lorsqu'il se voit assigner cette mission. Sa vie n'était déjà plus très certaine après l'arrivée Zitis, il ne savait plus sur quel pied danser. Lanatkka, sinon sa bipédie, n'a rien à voir avec un être humain, pourtant le héros va s'attacher à elle et nous avec, grâce aux nombreuses conversations qu'ils vont avoir et la complicité qui va en naître. Ce texte est d'une douceur à faire fondre, plein de belles phrases et de jolies réflexions sur ce qu'est l'intelligence, le rôle des êtres dans l'univers, la religion, l'amour. Leur relation ira très loin et la fin tragique est posée sur un bel écrin d'espoir.
Pour une fois les extraterrestres ne viennent pas en conquérants et franchement ça fait un bien fou. Ils ne sont pas plus intelligents que nous, dans un sens, ils ont juste acquis une certaine sérénité à force de vivre dans le grand univers. L'auteur met en scène des êtres qui n'ont pas la même façon de penser et de raisonner. Dire que tout ça sort d'un esprit humain m'emplit d'admiration. Car en plus de passages (que dis-je, des paragraphes entiers) qui mériteraient d'être des citations, les textes sont d'une grand richesse poétique. Mon but n'est pas de noyer ce livre sous les compliments inutilement, mais franchement, c'est mérité.
Et je n'oublie pas les deux autres nouvelles, Leboeuf se paye une toile et Trois petits pas sur le chemin de la sérénité. Ici les héros sont moins en phase avec le monde qui s'offre à eux. Ils ne sont que questionnement mais ils trouveront leur réponse, autant l'inspecteur Leboeuf dans son enquête sur les Arachnoïdes que la rencontre du juge Destich avec un dragon sage et avisé sur une planète lointaine. J'ai particulièrement aimé la première, qui nous donne à voir un personnage bien plus pragmatique. L'inspecteur, incapable de travailler en binôme et amoureux d'une tortue marine nommée Betty, devra comprendre le fonctionnement d'une race alien pour résoudre son affaire et même en comprendre bien plus sur l'amour entre les êtres.
La seconde est plus profonde, emprunte d'une spiritualité toute japonaise à base de Tanukis et de thé vert à la menthe. Ici le juge recevra des réponses plus grandes que ses questions, trois enseignements sur la vie qui lui montreront que les Zitis ne sont pas si différents dans la spiritualité que les hommes.
La seconde est plus profonde, emprunte d'une spiritualité toute japonaise à base de Tanukis et de thé vert à la menthe. Ici le juge recevra des réponses plus grandes que ses questions, trois enseignements sur la vie qui lui montreront que les Zitis ne sont pas si différents dans la spiritualité que les hommes.
Quoi qu'il en soit, ces trois textes s'assemblent parfaitement et nous apprennent de grandes vérités, qu'on sait mais qu'on nous rappelle trop peu. La société humaine, trop coincée sur sa planète ne peut que s'étouffer elle-même. C'est avec l'aide des Zitis que les humains vont à nouveau fleurir et s'épanouir. À la manière d'un Yoda dans son marais, ils apprennent à l'homme à respecter autrui, ne punir que les mauvaises actions, aimer l'autre quel que soit le nombre d'yeux, de bras ou les écailles sur sa peau, et tout simplement vivre, aimer et mourir.
Je crois qu'il n'est pas nécessaire de dire que je recommande cette petite merveille à tout lecteur qui se respecte ! Je le relirai avec plaisir à l'occasion car je suis bien loin d'en avoir saisi tous les concepts.
Je crois qu'il n'est pas nécessaire de dire que je recommande cette petite merveille à tout lecteur qui se respecte ! Je le relirai avec plaisir à l'occasion car je suis bien loin d'en avoir saisi tous les concepts.
3 note(s) de service:
Bon bah tu me le prêteras :D
je l'ai en lecture, pas encore commencé et ta critique fait envie d'y aller très vite. Ce lien à l'extra-terrestre qui nous apprend la véritable intelligence du vivre, me fait penser à Simak dont c'était une des obsessions dans ses nouvelles et romans...
Merci pour cette critique passionnée et argumentée.
Je en connaissais pas ce Blog, il est maintenant dans mes signets...
Fab
Ça a l'air chouette ! J'adore la couverture.
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